Procès Musk contre OpenAI : une semaine d'aveux, de SMS et de tensions au tribunal d'Oakland

3 min de lecture
Tous les articles du blog
Procès Musk contre OpenAI : une semaine d'aveux, de SMS et de tensions au tribunal d'Oakland

134 milliards de dollars de dommages réclamés, trois jours de témoignage sous serment, et un aveu qui a fait sursauter la salle d'audience. La première semaine du procès Musk contre OpenAI a tenu toutes ses promesses de spectacle juridique à Oakland, en Californie.

Musk au tribunal : trois jours à la barre face à OpenAI

Le procès a débuté le 28 avril devant la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers. Elon Musk a témoigné pendant trois jours, martelant une phrase devenue son mantra : on ne peut pas voler une association caritative. Sa thèse est claire : les 38 millions de dollars qu'il a donnés à OpenAI ont servi à bâtir une entreprise valorisée à plus de 850 milliards de dollars, sans son consentement.

L'avocat d'OpenAI, William Savitt, a contre-attaqué en présentant des emails et des SMS anciens. Son argument : Musk savait pertinemment que la structure allait évoluer vers le lucratif, et il ne poursuit que parce qu'il a perdu le contrôle.

L'aveu surprise : xAI a utilisé les modèles d'OpenAI

Le moment le plus marquant de la semaine est venu du contre-interrogatoire. Musk a reconnu que xAI avait « en partie » distillé les modèles d'OpenAI pour entraîner Grok. Plusieurs personnes dans la salle ont eu un mouvement de surprise audible. Musk a qualifié cette pratique de « standard dans l'industrie », mais OpenAI avait justement accusé DeepSeek de la même chose quelques mois plus tôt.

L'ironie est saisissante. Celui qui dénonce le vol d'une association caritative admet emprunter la technologie de son concurrent. La juge Rogers n'a pas manqué de relever la contradiction, rappelant sèchement que xAI opère exactement dans le même secteur.

CNBC filme l'arrivée d'Elon Musk au procès d'OpenAI le jour de l'ouverture.

Procès Musk contre Altman : la suite promet encore plus

Aujourd'hui même, un nouveau rebondissement : un SMS envoyé par Musk à Greg Brockman deux jours avant le procès, menaçant de faire d'Altman et Brockman « les hommes les plus détestés d'Amérique ». OpenAI veut l'utiliser comme preuve de motivation malveillante. Le procès reprend demain avec potentiellement Brockman à la barre.

Des témoins de poids attendent encore leur tour : Sam Altman, le CEO de Microsoft Satya Nadella, et même Ilya Sutskever. La phase de responsabilité doit se conclure vers le 21 mai, avant une seconde phase où la juge décidera seule des remèdes. Si OpenAI perd, son introduction en bourse tant attendue pourrait être sérieusement compromise. La Silicon Valley retient son souffle.

LF
Lucas Ferretti Lucas Ferretti traite des startups IA, des levées de fonds et du business de l'intelligence artificielle pour AIxploria.