L'IA déchiffre le langage des souris, dauphins, baleines et seiches : la science entre dans l'ère Dr Dolittle
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Des souris d'Afrique du Sud aux cachalots des Caraïbes, des équipes de recherche utilisent des réseaux de neurones pour percer les codes vocaux de six espèces animales. Le rêve d'une communication inter-espèces vient de franchir un cap scientifique majeur.
L'IA au service du langage animal
L'information du jour provient d'un vaste article de CNN qui recense les avancées sur les souris, les dauphins, les grands singes, les oiseaux, les baleines et les seiches. Les chercheurs ont entraîné des réseaux de neurones artificiels, les mêmes architectures qui sous-tendent ChatGPT, pour identifier des signatures vocales propres à chaque individu et chaque colonie.
Nicolas Mathevon, professeur à l'Université de Saint-Étienne, a enregistré plus de 122 000 cris de souris rayées d'Afrique et identifié au moins sept types de sons distincts. Chaque nid possède sa propre signature acoustique, inaudible à l'oreille humaine.
Le Coller Dolittle Prize accélère la course
Depuis 2025, le Coller Dolittle Prize récompense les avancées vers la communication inter-espèces. Le grand prix atteint 10 millions de dollars en investissement pour l'équipe qui obtiendra une communication bidirectionnelle confirmée avec un animal.
L'an dernier, l'équipe de Laela Sayigh du Woods Hole Oceanographic Institution a remporté les 100 000 dollars du premier prix annuel. Leur découverte : les sifflements non identitaires des dauphins de Sarasota pourraient fonctionner comme des mots partagés entre individus. Les finalistes 2026, annoncés le 25 juin, travaillent sur les grands singes d'Afrique et les diamants mandarins d'Australie.
Project CETI et Earth Species Project en pointe
Deux organisations mènent la charge. Project CETI, fondé par le Dr David Gruber, a décodé un alphabet phonétique chez les cachalots des Caraïbes. L'Earth Species Project, soutenu par la fondatrice de Mozilla Aza Raskin, construit le premier modèle de langage multi-espèces, couvrant les corbeaux, les bélugas et les éléphants.
Parler aux animaux : possible mais limité
Le professeur Yossi Yovel, président du jury du Dolittle Prize, tempère les attentes. La conversation avec un chat sera probablement limitée. Mais même une compréhension partielle pourrait transformer la conservation, l'élevage et notre rapport au vivant. L'IA sait déjà traduire entre langues humaines inconnues : la prochaine frontière a des plumes, des nageoires et des tentacules.