Anthropic dévoile Claude Science et veut créer ses propres médicaments : le labo IA devient labo pharma

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Anthropic dévoile Claude Science et veut créer ses propres médicaments : le labo IA devient labo pharma

Une entreprise d'IA qui ouvre des laboratoires humides pour découvrir des médicaments, c'est du jamais vu. Anthropic vient de franchir ce cap le 30 juin à San Francisco, en dévoilant Claude Science et un programme interne de recherche pharmaceutique.

Claude Science : un établi IA pour les chercheurs en pharma

Claude Science fonctionne comme un environnement de travail complet pour les scientifiques. L'outil, disponible en bêta sur Linux et macOS, agrège plus de 60 bases de données couvrant la génomique, la protéomique et la chémo-informatique.

Novo Nordisk et l'Allen Institute comptent parmi les premiers clients annoncés. Anthropic propose aussi jusqu'à 30 000 $ de crédits pour 50 projets de recherche, avec des candidatures ouvertes jusqu'au 15 juillet.

Anthropic fabrique ses propres médicaments : les maladies négligées en ligne de mire

La vraie surprise est ailleurs. Eric Kauderer-Abrams, responsable sciences de la vie chez Anthropic, a confirmé que l'entreprise lance son propre programme de découverte de médicaments, ciblant des maladies que l'industrie pharmaceutique juge trop peu rentables.

La logique est claire : pour construire de bons outils, il faut les utiliser soi-même. Comme l'a résumé Jonah Cool, responsable des partenariats pharma, « on ne peut pas développer Claude Science sans être engagé dans le travail préclinique ». Anthropic avait préparé le terrain en acquérant Coefficient Bio pour 400 M$ en avril, une petite équipe d'anciens chercheurs de Genentech.

Une course à trois pour la pharma IA

Anthropic n'arrive pas seul. OpenAI a lancé GPT-Rosalind en avril, un modèle spécialisé en sciences du vivant. Google DeepMind possède Isomorphic Labs, qui progresse vers les essais cliniques avec des partenariats pesant 3 milliards de dollars chez Eli Lilly et Novartis.

Ce qui distingue Anthropic : la société ne se limite pas à vendre des outils. En tant qu'entreprise d'intérêt public, elle peut cibler des programmes sans retour financier évident. Le PDG de Novartis, Vas Narasimhan, a rejoint le conseil d'administration d'Anthropic cette année, ce qui en dit long sur la crédibilité de cette ambition.

Pas de molécule miracle avant longtemps

Restons lucides : aucun médicament conçu par IA n'a encore terminé un essai clinique de grande envergure. Anthropic n'a pas précisé s'il comptait commercialiser d'éventuels candidats. Mais le signal est net : les plus grands labos d'IA sont désormais dans la course au médicament.

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Emma Lawson Emma Lawson couvre la régulation de l'IA, les évolutions politiques et leur impact sur l'industrie tech pour AIxploria.