L'Amérique de Trump ne dira plus « IA » mais « SI »
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Le mot « artificiel » vient de perdre son poste à Washington. À la tribune de l'ONU mardi, Donald Trump a annoncé que le gouvernement fédéral désignera désormais l'intelligence artificielle sous le nom de « super intelligence » dans tous ses documents officiels. SI, pour les intimes.
Pourquoi Trump préfère « super intelligence » à « artificielle »
L'argument présidentiel tient en une phrase : le mot « artificiel » donnerait un air factice à une technologie qu'il juge au contraire « incroyable ». Le nouveau nom « sonne mieux » et serait « beaucoup plus précis », selon lui.
Bienvenue dans le nouveau monde de la super intelligence. Ça sonne beaucoup mieux.
Ce baptême ne doit rien à un comité de linguistes. Quelques jours avant le discours, un sondage Truth Social donnait « super intelligence » vainqueur, deux contre un, face à « superior intelligence ». L'opération suit d'autres renommages, du golfe du Mexique devenu « Gulf of America » au lac Ontario rebaptisé « Lake America ».
Le Département d'État écrit déjà « SI »
L'annonce n'est pas restée un effet de manche. Un courriel interne, obtenu par l'Associated Press, ordonne aux diplomates du bureau des organisations internationales de remplacer chaque mention d'« Artificial Intelligence » par « Super Intelligence ».
Dès mercredi, les représentants américains employaient le sigle SI au Conseil de sécurité de l'ONU, lors d'une réunion consacrée aux risques de cette même technologie. La future « AI Force » voulue par Trump pourrait au passage devenir la « SI Force ».
La super intelligence, un concept déjà réservé
Le hic, c'est que le terme était déjà pris. La superintelligence désigne depuis des années une IA supérieure aux capacités humaines, à la fois but ultime des grands laboratoires et principale crainte de leurs critiques. Coller ce mot sur le moindre chatbot risque de brouiller des débats déjà confus, au moment où OpenAI proclame déjà l'AGI avec GPT-6 Astra.
Le contexte n'arrange rien. Trump a profité du même discours pour rejeter toute régulation internationale de l'IA et comparer ses détracteurs aux lanceurs d'alerte climatiques. À l'étranger, le scepticisme domine, à l'image du ministre canadien de l'IA, « peu enthousiaste » devant ce genre de rebaptême.
Un sigle vieux de 70 ans ne s'efface pas si vite
L'expression remonte à 1956 et à John McCarthy, qui l'avait forgée pour définir un nouveau champ de recherche. Sept décennies d'articles scientifiques, de lois et de produits disent encore « AI ». Trump lui-même a reconnu la limite de l'exercice : « Voyons si j'ai un quelconque pouvoir ».
Pourquoi Trump veut-il renommer l'IA en « super intelligence » ?
Trump estime que le mot « artificiel » fait passer la technologie pour fausse, alors qu'il la juge remarquable. Il considère « super intelligence » comme un terme plus précis et plus flatteur pour les documents américains.
Les entreprises doivent-elles abandonner le sigle AI ?
Non, la directive ne vise que les documents du gouvernement américain et la diplomatie. Rien n'oblige OpenAI, Google ou Anthropic à suivre, et l'adoption du terme par l'industrie reste très incertaine.