Google investit 40 milliards dans Anthropic : quand votre rival est aussi votre meilleur client
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Dix milliards de dollars en cash, trente milliards de plus sous conditions : Google vient de signer le plus gros chèque jamais remis à Anthropic. Annoncé vendredi 24 avril, l'accord propulse la relation entre les deux sociétés dans une nouvelle dimension.
Google et Anthropic : 40 milliards pour la puissance de calcul
Concrètement, Alphabet injecte 10 milliards immédiatement, à une valorisation de 350 milliards de dollars. Les 30 milliards restants sont conditionnés à des objectifs de performance atteints par le créateur de Claude. En contrepartie, Anthropic obtient un accès massif aux TPU et à Google Cloud, avec cinq gigawatts de capacité prévus d'ici 2027.
Le timing est chirurgical. Quelques jours plus tôt, Amazon annonçait 5 milliards supplémentaires dans Anthropic, avec une option pour 20 milliards de plus. Les deux géants du cloud se battent pour alimenter la même startup, celle qui a déjà attiré 25 milliards d'Amazon au total.
Anthropic, la startup qui attire 65 milliards en une semaine
Avec cet accord, le chiffre d'affaires annualisé d'Anthropic dépasse les 30 milliards de dollars, contre 9 milliards fin 2025. Claude Code est devenu un outil incontournable pour les développeurs, et 80 % des revenus proviennent d'entreprises. Huit sociétés du Fortune 10 utilisent Claude.
La startup a levé 30 milliards en Série G en février, à 380 milliards de valorisation. Des investisseurs proposent déjà des tours à 800 milliards, qu'Anthropic a pour l'instant refusés. Une entrée en bourse dès octobre 2026 est évoquée, avec un objectif de plus de 60 milliards levés.
La coopétition poussée à son paroxysme
Voilà ce qui rend cette opération si fascinante à décrypter : Google finance un concurrent direct de Gemini. Mais Anthropic consomme des quantités colossales de cloud Google. Chaque dollar investi revient en partie sous forme de dépenses d'infrastructure. C'est du capital circulaire, et les deux camps y trouvent leur intérêt.
Face à eux, OpenAI a bouclé un tour de 120 milliards à 850 milliards de valorisation en mars. La course au compute dicte tout : qui aura les serveurs, aura les modèles. Vous pensiez que la guerre de l'IA se jouait sur les algorithmes ? Elle se joue désormais sur les mégawatts.